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dictionnaire:despondere5 [2012/05/17 20:40]
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desiderio
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-<html><div class="titre">dēspondeō, -ēre</div></html> \\ <html><center><big><big>(verbe)</big></big></center></html> +<html><class="lestitres">dēspondeō, -ēre</p></html> <html><center><big><big>(verbe)</big></big></center></html> 
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 +====== 5. Place dans le lexique latin ======
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 +===== 5.1. Analyse synchronique du lexème. Formation du mot en latin =====
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 +//Dēspondēre// est un préverbé formé à l’aide du préverbe //dē-// (parallèle à la préposition usuelle //dē//) et du verbe //spondēre// « promettre », qui offre le vocalisme //o// du radical latin (et de la racine i.-e. : cf. [[:dictionnaire:6.2|§ 6.2]] ) et un thème d’infectum terminé par //e// long, qui est l’aboutissement latin du morphème i.-e. //%%*%%-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>-// de [[:dictionnaire:causatif|causatif]], tel qu’il apparaît par exemple dans le type morphologique de //mordeō, -ēre// « mordre », //tondeō, -ēre// « tondre, raser ». Il s’agit d’une formation héritée, mais qui n’est plus produtive en latin.
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 +Cette formation à vocalisme //o// du radical latin et à thème verbal d’infectum en //e // long correspond généralement en latin à une valeur de verbe causatif. Elle est représentée par des verbes transitifs, fondamentaux du vocabulaire latin, où le sujet grammatical dénote l’agent causateur et l’accusatif-objet l’agent « causé » : //mŏnĕō, -ēre// « avertir », litt. « faire que (quelqu’un) se souvienne », //iŭběō, -ēre // « ordonner », étymologiquement « pousser (quelqu’un) en avant », //tŏrrěō,// //-ēre// « brûler ».
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 +Mais cette formation comporte également un petit nombre de verbes latins à valeur d’itératif-fréquentatif. Le verbe //dēspondēre // est généralement interprété comme rattaché à cette seconde valeur (cf. [[:dictionnaire:6.2|§ 6.2]] ).
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 +Au participe parfait passif, le morphème i.-e. hérité %%*%%-//to//- s’est ajouté au radical latin synchronique //spond-// à vocalisme //o//, qui caractérisait les thèmes d’infectum (//spond-ē-re//) et de perfectum (pour le verbe simple, formation à redoublement : //spŏ-pond-ī//). Comme ce radical latin était terminé par une consonne dentale, il s’ensuivit un phénomène d’assibilation attendu à la frontière de morphème entre les deux dentales ://spōnsus// < %%*%%//spond-to-s// (comme //morsus// < %%*%%//mord-to-s//, //tōnsus// < %%*%%//tond-to-s//)(cf. [[:dictionnaire:6.2|§ 6.2]] ).
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 +Le préverbe //dē-// est susceptible de deux interprétations, correspondant aux différents emplois du verbe :
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 +- la fonction « transitivante((J.-P. BRACHET (2000, 139-141).)) » de //dē-// permet de passer du verbe intransitif //spondēre// « s’engager, promettre » au verbe transitif //dēspondēre// (//filiam//) « promettre (quelqu’un, quelque chose) » ;
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 +- la fonction d’« opérateur d’inversion du procès((J. P. BRACHET (2000, 192-200).)) » de //dē- // permet de passer de //spondēre// « s’engager » à //dēspondēre// « se désengager » (avec ici la même fonction d’inverseur pour le préverbe //dés-// en français).
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 +Le même type de polysémie s’observe dans le cas du verbe //dēformāre//((M. FRUYT (2007, 52-53).)), puisqu’il signifie à la fois « donner une forme » avec //dē-// « employé pour marquer la sortie d’un état et l’entrée dans un autre », et « déformer » avec //dē- // opérateur d’inversion du procès (cf. [[:dictionnaire:4.2.e|§ 4.2.E]] ).
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 +===== 5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins =====
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 +==== 5.2.1. Varron ====
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 +Varron fonde sa définition de //spondēre// sur l’emploi performatif de ce verbe. Le fait de le prononcer à la première personne (le fait de dire « //spondeo // » « je promets ») est en effet un acte de langage, puisque c’est une façon de garantir effectivement quelque chose :
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 +    * Varr. //L//. 6, 69 : //Spondere est dicere : « spondeo »//. \\  « //Spondere//  (‘garantir’) revient à dire : //spondeo //  (‘je garantis’). » (traduction P. Flobert, 1985, CUF)
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 +Mais, comme tout verbe en emploi performatif, il faut qu’il soit prononcé dans des « circonstances appropriées((J. L. AUSTIN (1970, 48).)) », sans quoi l’action de garantir n’est pas effective :
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 +    * Varr. //L//. 6, 72 : […] //non **spondet**  ille statim qui dixit : « **spondeo »**, si iocandi causa dixit, neque agi potest cum eo ex **sponsu** //. \\  « […] ne donne pas de garantie (//non spondet//) celui qui dit immédiatement : //spondeo//  (‘je donne une garantie’), s’il l’a dit pour plaisanter, et on ne peut pas le poursuivre en vertu de sa promesse (//ex sponsu//). » (traduction P. Flobert, 1985, CUF)
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 +Varron fait venir ce verbe, ainsi que les autres mots de sa famille, de **//spōns, spontis// **  « volonté » (attesté seulement à l’accusatif, au génitif et à l’ablatif, qui a fourni l’adverbe **//sponte//**  « volontairement »), ce qui ne tient pas du point de vue des étymologistes modernes((Cf. J.-P. BRACHET (2000, 139-141) à propos des difficultés que cette étymologie pose.)) :
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 +    * Varr. //L//. 6, 69 : **//Spondere// **  […] //a **sponte**, nam id ualet [et] a uoluntate//. […] //Ab eadem **sponte,**  a qua dictum **spondere**, declinatum **spopondit**  et **respondet**  et **desponsor**  et **sponsa**; item sic alia.// \\  « Le mot //spondere//  vient de //sponte//, car celui-ci signifie ‘volontairement’. […] De ce même //sponte//, à quoi //spondere//  doit son nom, ont été dérivés //spopondit//  (« il a garanti »), //respondet//  (« il garantit en retour »), //desponsor//  (« fianceur ») et //sponsa//  (« fiancée ») ; de même d’autres mots encore. » (traduction P. Flobert, 1985, CUF)
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 +Quant au préverbé //dēspondēre//, Varron y voit uniquement le sens de « renoncer à », en interprétant implicitement //dē-//  comme un opérateur d’inversion du procès exprimé par //spondēre //:
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 +    * Varr. //L//. 71 : //Qui **spoponderat**  filiam, **despondisse**  dicebant, quod de **sponte**  eius, id est de uoluntate, exierat. Non enim si uolebat, dabat, quod **sponsu**  erat alligatus//. […] //Sic **despondisse**  animum quoque dicitur, ut **despondisse**  filiam, quod suae **spontis**  statuerat finem. // \\  « On disait de celui qui avait promis (//spoponderat//) sa fille, qu’il y avait renoncé (//despondisse//), parce qu’elle était sortie de son autorité (//de sponte eius//), c’est-à-dire de sa volonté. Il ne la donnait pas en effet parce qu’il le voulait, mais parce qu’il était lié par son engagement. […] De même on dit aussi qu’un tel a perdu courage (//despondisse animum//), comme il a renoncé à sa fille (//despondisse filiam//), parce qu’il avait fixé un terme à sa volonté (//spontis//) » (traduction P. Flobert, 1985, CUF).
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 +==== 5.2.2. Verrius Flaccus (repris par Festus) ====
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 +Verrius Flaccus, selon son compilateur Festus, propose la même étymologie que Varron pour //spondēre//, mais, de manière paradoxale, il fait venir //spōnsus//  et //spōnsa//  du grec σπονδή « libation » (//ex Graeco dicta[m]//) :
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 +    * Fest. 440, 1-5 (L.) : **//Spondere// ** //Verrius putat dictum, quod **sponte**  sua, id est uoluntate, promittatur. Deinde oblitus inferiore capite **sponsum**  et **sponsam**  ex Graeco dicta[m] ait, quod i //  σπονδὰς//interpositis rebus diuinis faciant.// \\  « Verrius pense que //spondere//  se dit parce que l’on fait des promesses de son propre chef (//sponte sua//), c’est-à-dire selon sa volonté. Ensuite, oubliant cela dans le chapitre suivant, il dit que //sponsus//  et //sponsa//  se disent à partir du grec, parce que ceux-ci, faisant intervenir les choses divines, font des libations (σπονδὰς/// spondas//). »
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 +==== 5.2.3. Donat ====
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 +Comme les linguistes d’aujourd’hui (cf. [[:dictionnaire:5.4|§ 5.4]], les grammairiens latins ont cherché à justifier la coexistence des deux verbes //spondere//  et //despondere//, proches à la fois sur le plan du signifiant et du signifié. A propos de la différence entre //spondere//  et //despondere//, voici ce que dit Donat, ou un pseudo-Donat, dans son commentaire aux //Adelphes//  de Térence((Ce passage est signalé par P. FLOBERT dans son commentaire au  De lingua Latina (livre VI) de Varron, p. 134.)):
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 +    * (Ps.-)Don. //Ter. Ad//. 735 : //Et **despondet**  puellam qui petit, **spondet**  a quo petitur ; recte ergo socer futurus ‘**despondi** ’ dixit//. \\  « Celui qui demande la jeune fille ‘**prend engagement**  ’ (//despondet//), celui à qui elle est demandée ‘**s’engage**  ’ (//spondet//) ; c’est donc à juste titre que le futur beau-père a dit : ‘**j’ai pris engagement**  ’ (//despondi//). »
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 +===== 5.3. « Famille » synchronique du terme =====
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 +Varron consacre six paragraphes du livre VI du //De lingua Latina//  (§ 69 à 74) à la famille de //spondēre//, ce qui nous donne un accès privilégié aux rapprochements synchroniques que pouvaient effectuer les sujets parlants de son époque((Voir aussi Serv. Sulp.  ap. Gell . 4, 4, 2, passage cité par EM, selon qui Servius « énumère à peu près tous les dérivés usités de  spondeō ».))
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 +Partant de //spondēre//  – qu’il fait venir de *//spōns, spontis//  (cf. [[:dictionnaire:despondere5#5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins|§ 5.2]] ) –, Varron mentionne un grand nombre de lexèmes de la famille de //spondēre//, auxquels il convient d’ajouter ceux qu’il ne mentionne pas (souvent parce qu’ils sont de date tardive)((Les traductions données pour ces lexèmes sont celles du  Grand Gaffiot)). Les lexèmes mentionnés par Varron sont soulignés.
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 +==== 5.3.1. Les dérivés de spondēre ====
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 +//- **__spōnsa, -ae__  **  //  **__, f.__  **: « fiancée » et dans le vocabulaire chrétien : « épouse ». Selon Varron, « on qualifiait de //sponsa//  (« garantie ») à la fois la somme d’argent et la fille qui avait été promise (//desponsa//) » (Var. //L//. 6, 70, trad. P. Flobert, CUF, 1985). Il s’agit de la substantivation du participe parfait passif au féminin : *//spond-tā//, litt. « celle qui fut promise » ; \\
 +//- **__spōnsus, -ī, __  **  //  **__m__  **. : « fiancé » et dans le vocabulaire chrétien : « époux ». Le terme représente la substantivation du participe parfait passif au masculin : *//spond-to-//, litt. « celui qui a été promis » ; \\
 +//- **__spōnsŏr, -sōris__  **  //  **__, m__  **. : « répondant, caution » provient d’un ancien %%*%%//spond-tor-//  formé avec le suffixe de nom d’agent i.-e. %%*%%-//tor//- hérité derrière le radical latin synchronique //spond//-, litt. « celui qui promet » ; \\
 +//- **__spōnsŭs, -sūs, __  **  //  **__m__.**: « promesse, engagement » est issu de %%*%%//spond-tu-s//  avec le suffixe de nom de procès i.-e. hérité %%*%%-//tu-//  derrière le radical latin synchronique //spond//-, litt. « le fait de promettre » ; \\
 +//- **__spōnsĭō, -siōn-is__  **  //  **__, f.__  **: « engagement oral et solennel, promesse, assurance, garantie » ; dans le vocabulaire juridique : « engagement réciproque ». Varron définit //spōnsĭō//  comme « l’argent qui avait été demandé réciproquement en échange d’une garantie » (Var. //L//. 6, 70, trad. P. Flobert, CUF, 1985). Le terme provient de *//spond-tiōn-//  avec le suffixe latin de nom de procès -//tiōn//-, issu du suffixe i.-e. hérité de nom de procès en %%*%%-//ti-//  renforcé en *-//ōn-//  par le latin, derrière le radical latin synchronique //spond//-, litt. « le fait de promettre » ; un diminutif de //spōnsĭō//, **//spōnsĭuncŭla, ae//, f.**, se trouve chez Pétrone. \\
 +//- **__spōns-ālis, -e__  **  //: « de fiançailles ». Varron mentionne le //sponsālis dies//: « jour où l’engagement a été conclu ». Cet adjectif est substantivé au neutre pluriel dans **//spōnsālĭa, //  **  (génitif pluriel//…ĭ-um //  ou//…ĭōrum//) « fiançailles », « fête de fiançailles, repas de noces », « cadeaux de noces ». Il s’agit d’un adjectif bâti avec le suffixe latin productif //-ālis, -e//  sur le thème //spōns-//, qui est aussi celui du participe parfait passif, des noms d’action et du nom d’agent du verbe //spondēre//.
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 +- de //spōnsālĭa//   est dérivé en latin tardif l’adjectif **//spōnsālicius, a, um//  **  « de fiançailles ».
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 +==== 5.3.2. Les préverbés de spondēre et leurs dérivés ====
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 +- //**__con-spondeō, -ēre__  **  //  : « s’engager mutuellement », participe parfait passif **//con-spōnsus, -a, -um//  **; nom d’agent en -//tor//- : **//conspōnsŏr, -sōris//, m**. : « celui qui est caution avec d’autres » ;
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 +- //**__rĕ-spondeō, -ēre__ ** //  :  « garantir en revanche, assurer de son côté » ; \\ **//respōnsĭō, -sĭōn-is//, f.**: « réponse » (nom de procès en //-tiō//  sur le radical latin synchronique //respond-//; une assibilation attendue explique l’allomorphe suffixal -//si//  //ō//) ; \\ **//respōnsum, -ī//, n**. : « réponse » (d’un oracle, d’un jurisconsulte) (substantivation au neutre du participe parfait passif en %%*%%-//to//- ; litt. « ce qui fut répondu ») ; \\ **//respōnsus, -sūs//, m.**: « réponse » (nom de procès en %%*%%-//tu//- sur le radical synchronique latine //respond//- avec assibilation attendue) ; \\ **//respōnsŏr, -sōr-is//, m**. : « celui qui peut donner une réponse » (nom d’agent en //-tor-//  sur le radical synchronique latin //respond-//  avec assibilation attendue) ; \\ **//respōns-ālis, -is//, m.**  (tardif) : « répondant » ; \\ **//respōnsō, -sāre//  **: « répondre », « répliquer, résister », « répondre à, satisfaire à » (fréquentatif-intensif-itératif formé avec le suffixe –//tāre, //  ou ici son allomorphe –//sāre-//  dû à une assibilation, sur le radical latin //respond//-, qui intervient dans le thème verbal d’infectum de //respond-ē-re//) ; \\ **//respōnsĭtō, -ĭtāre//  **: « donner des consultations de droit » (formation de fréquentatif-intensif-itératif en -//ĭtāre//  sur le thème du verbe précédent, qui comportait déjà le même suffixe fréquentatif-intensif-itératif en //-tā-re. //  Ce suffixe peut en effet se présenter de manière récurrente dans certains verbes, surtout à l’époque tardive lorsque le premier suffixe, lexicalisé et incorporé dans le thème du verbe, se trouve démotivé et ne fonctionne plus comme un morphème.
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 +- De **//dē-spondeō, -ēre//  **  lui-même sont dérivés :
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 +- le nom d’agent en //-tor-/ -sor-//: **//__dēspōnsor, -sōr-is,__  // __m__.**  « celui qui fiance, qui promet ou accorde en mariage », hapax attesté uniquement chez Varron ; ce terme est issu de %%*%%//dēspond-tor-//  avec assibilation ;
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 +- le verbe fréquentatif en //-tāre / -sāre //: **//dēspōnsō, -āre//  **: « fiancer » ; ce verbe, bâti sur le radical latin //despond//-, est issu de : %%*%%//dēspond-tāre//  avec une assibilation attendue, comme pour le participe parfait passif ainsi que les noms de procès et d’agent ;
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 +- le nom de procès en //-tiō / -siō//  : **//dēspōnsiō, -siōn-is//, f.**  (tardif) : « fiançailles », « désespoir » ;
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 +- le nom de procès **//dēspōnsā-tiō, -tiōn-is//, f.**  (tardif) : « fiançailles », qui semble bâti sur le thème verbal d’infectum du verbe fréquentatif //dēspōnsā-re//.
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 +==== 5.3.3. ====
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 +Varron rapproche aussi de cette famille le substantif //spēs//  « espoir » et le verbe //sperō//  « espérer », ce qui n’est pas fondé selon les interprétations des linguistes modernes.
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 +===== 5.4. Association synchronique avec d’autres lexèmes =====
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 +Au sens de « promettre en mariage », //dēspondēre //  est évidemment très proche de //spondēre//, mais une différence existe assez souvent. //Spondēre //  est le verbe habituel de la formalisation de l’engagement :
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 +    * Pl. //Trin. //  1162 : \\  //Istac lege filiam tuam **sponden**//((La forme  //sponden// est issue phonétiquement de  //spondes-ne//, soit la 2<sup>ème</sup> pers. sg. ind. prés. et //-ne//  particule interrogative.)) //mihi uxorem dari ?// \\  « À cette condition, **t’engages-tu**  à me donner ta fille en mariage ? »,
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 +Mais //dēspondēre //  est employé pour souligner des circonstances particulières de l’engagement, qui sont assez paradoxales et suscitent des réactions étonnées :
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 +    * Pl. //Trin. //  1131-1132 : \\  […] //Sed ego hoc nequeo mirari satis// \\  // eum sororem **despondisse**  suam in tam fortem familiam.// \\  « Mais je ne puis assez m’étonner qu’il **ait fiancé**  sa sœur dans une famille si considérable. »
 +    * Liv. 1, 39, 4 (à propos du mariage de la fille de Tarquin avec Servius Tullius, d’origine servile) : //Iuuenis euasit uere indolis regiae nec, cum quaereretur gener Tarquinio, quisquam Romanae iuuentutis ulla arte conferri potuit filiamque ei suam rex **despondit**.// \\  « Le jeune homme se révéla comme ayant vraiment les qualités d’un roi et, lorsque Tarquin chercha un mari pour sa fille, on ne put trouver parmi la jeunesse romaine personne qui lui fût comparable et le roi lui **promit en mariage**  sa fille. »
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 +Le verbe //dēspondēre//  s’emploie aussi pour un engagement fait dans des conditions très condamnables. Il s’applique ainsi à la redoutable initiative de Sassia :
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 +    * Cic. //Cluent. //  179 : [//…//]//ut hunc Oppianicum aliud agentem ac nihil eius modi cogitantem ad hanc accusationem detraheret inuito **despondit**  ei filiam suam, illam quam ex genero susceperat, ut eum nuptiis adligatum simul et testamenti spe deuinctum posset habere in potestate.// \\  « […] elle voulut amener à son accusation d’aujourd’hui notre Oppianicus qui avait d’autres pensées et ne songeait à rien de tel, en le **fiançant **  malgré lui à sa fille, celle qu’elle avait eue de son gendre, afin de le lier par ce mariage, de l’enchaîner en même temps par l’espoir de son testament et de l’avoir ainsi à sa discrétion. » (traduction P. Boyancé, 1953, CUF).
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 +Il en est de même pour la promesse de mariage qui débouchera sur un amour monstrueux quand à la jeune Ianthé est fiancée Iphis, une jeune fille que sa mère fait passer pour un garçon :
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 +    * Ov. //M. //  9, 714-715 : \\  //Tertius interea decimo successerat annus, // \\  //cum pater, Iphi, tibi flauam **despondet**  Ianthen//. \\  « Ta treizième année était arrivée quand ton père, Iphis, te **donna pour fiancée**  la blonde Ianthé »,
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 +avec le verbe //despondet //  au cœur du syntagme //flauam … Ianthen //  pour souligner le paradoxe d’une situation annonciatrice de drames.
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 +Du préverbé //dēspondēre//  et du simple //spondēre//, il faut rapprocher aussi //promittere//. En effet, ce dernier est d’abord suivi d’une proposition infinitive ou d’un infinitif exprimant l’idée de donner sa fille :
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 +
 +    * Pl. //Cas. //  288 : \\  //Casinam ego uxorem **promisi**  uilico nostro dare.// \\  « **J’ai promis**  de donner Casine comme épouse à notre fermier. »
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 +
 +Puis le verbe est construit directement avec le nom désignant la jeune fille :
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 +
 +    * Ov. //Am. //  3, 6, 31-32 : \\  //te //  [//…//]//**promissam**  Xutho Creusam //  [//…//]//occuluisse.// \\  « […] que tu as caché Créuse **promise**  à Xuthus. »
 +    * Sen. //Ben. //  4, 35, 1 : \\  //**Promisi**  tibi in matrimonium filiam //  [//…//]. \\  « **Je t’ai promis**  ma fille en mariage […]. »
 +
 +//Dēspondēre//, au sens de « promettre en mariage », est donc d’abord un terme marqué par rapport à //spondēre//  et //promittere//, ce qui relève de la parasynonymie. Cette parasynonymie laisse la place à une synonymie dite parfaite((Voir Cl. MOUSSY (2010, 48-50).)), où aucune nuance n’est perceptible. C’est le cas avec //promittere//, //destināre //  lorsque //dēspondēre//  a le sens de « promettre », et avec //dēsperāre//  lorsqu’il a le sens de « perdre courage ». La rareté des occurrences où //dēspondēre//  signifie « mourir » ne favorise pas la comparaison avec d’autres lexèmes.
  
  
 +\\  \\  [[:dictionnaire:despondere4|Aller au § 4]] ou [[:dictionnaire:despondere|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:despondere6|Aller au § 6]]