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dictionnaire:cognoscere6 [2012/02/09 18:42]
lecaude
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desiderio
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-<html><div class="titre">cŏgnōsco, is, ĕre</div></html>  +<html><class="lestitres">cŏgnōsco, is, ĕre</p></html> <html><center><big><big>(verbe)</big></big></center></html> 
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-6. Histoire du lexème+====== 6. Histoire du lexème ======
  
 +===== 6.1. Evolution au cours de la latinité =====
  
-6.1. Evolution au cours de la latinité+//Cognōscere// est attesté durant toute la latinité avec une fréquence très élevée (cf. [[:dictionnaire:cognoscere3#3.1. Distribution diachronique|§ 3.1.]]) puisqu’il s’agit d’un lexème fondamental à toutes les époques et dans tous les niveaux de langue ou registres.
  
 +Une évolution se dessine, cependant : en latin tardif, //cognōscere// tend à remplacer son verbe simple //nōscere// au sens de « connaître » et c’est effectivement //cognōscere// qui passera dans les langues romanes avec cette signification (cf. [[:dictionnaire:cognoscere7|§ 7]]).
  
-//Cognōscere// est attesté durant toute la latinité avec une fréquence très élevée (cf. [[§ 3.1.]]) puisqu’il s’agit d’un lexème fondamental à toutes les époques et dans tous les niveaux de langue ou registres.+Il faut donc supposer, à une certaine époque du latin, un affaiblissement sémantique du préverbe, quelle qu’ait été sa valeur sémantique ancienne, soit intensive, selon R. Garnier (cf. [[:dictionnaire:cognoscere6#6.2. Etymologie et origine|§ 6.2.]] : « savoir à fond » d’où « connaître »), soit ingressive selon Cl. Moussy (cf. [[:dictionnaire:cognoscere5#5.1.3.2. Valeur ingressive|§ 5.1.3.2.]]).
  
  
-Une évolution se dessine, cependant : en latin tardif, //cognōscere// tend à remplacer son verbe simple //nōscere // au sens de « connaître » et c’est effectivement //cognōscere// qui passera dans les langues romanes avec cette signification (cf[[§ 7]]).+===== 6.2Etymologie et origine =====
  
  
-Il faut donc supposer, à une certaine époque du latinun affaiblissement sémantique du préverbequelle qu’ait été sa valeur sémantique anciennesoit intensive, selon R. Garnier (cf[[§ 6.2.]] : « savoir à fond » d’où « connaître »), soit ingressive selon ClMoussy  +Le système repose sur une distribution aspectuelle //a(d)gnōscō// « discerner peu-à-peureconnaître »//cognōuī// « savoir à fondconnaître »((R. GARNIER (2010, 179).))Le lituanien oppose à //žinóti// « savoir » le préverbé //pa-žístu// « reconnaître » (< *//ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó//-) et « faire la connaissance de » (v.-sl. //po-znati//). Selon M. Keller (1992, 12-13), le système latin repose sur une bipartition entre un //infectum// ingressif qui marque l’accès à la connaissance et un //perfectum// où l’absence de valeur de prétérit est fondamentale, à l’instar de véd. //véda// « je sais ». Le lat. //nōuī// « je sais » (< pré-lat. *//gnō-w-ay//est un prétérito-présent qui occupe fonctionnellement la case vide qui a perdu l’i.-e. *//wóyd-h<sub>2</sub>e// « je sais » (d’où gr. *Fοῖδαvéd//véda//, got. //wait//, //witan//((Pour la répartition sémantique //kunnan// / //witan//, consulter ATELLIER (1962, 30-33).)))Le domaine germanique possède également une formation archaïque de prétérito-présent bâtie sur la racine *//ǵneh<sub>3</sub>//- (got//kann// « il sait », //kunnan// « savoir »)((Pour ces faits, consulter ESeebold (1966 [1987273-283), qui pose une gémination liée à la laryngale finale, ce qui postulerait un thème I ancien *//[ǵe-]ǵónh<sub>3</sub>-e// > //kann//.)).
-[[[P1]]]  +
-(cf[[§ 5.1.3.2.]]).+
  
 +Il est plus que probable((R. GARNIER (2010, 185).)) que le latin a nivelé le vocalisme hérité de l’//infectum// *//(g)nāscō// (< *//ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó-// « prendre connaissance ») et de l’adjectif en *-//tó//- archaïque *//(g)nātus// « connu » (< *//ǵṇh<sub>3</sub>-tó-//) sur celui du perfectum fondamental *//(g)nō-u-it//. Le produit régulier de la sonante longue est bien reflété dans l’adj. //ignārus// (< *//ṇ-ǵṇh<sub>3</sub>-r-o-//). Il est à noter que le dénominatif *//ignārāre// « être ignorant », antonyme de //nōuisse// « savoir » devient //ignōrāre//, en regard du simple //narrāre// « raconter, faire connaître » (< *//gnārāre//) qui tient lieu de causatif. Le lat. //a(d)-gnōuit// « il a reconnu » reflète un aoriste radical it. com. *//gnōd// (< //*ǵnéh<sub>3</sub>-t//) qui se superpose au gr. ἔγνω (< *//é-ǵneh<sub>3</sub>-t//) ainsi qu’au v.-sl. °//zna// [3 sg.] « il a reconnu ». La racine aoristique *//ǵneh<sub>3</sub>//- signifiait « remarquer, s’aviser » et l’itératif sur degré zéro *//ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó-// devait signifier « observer peu à peu, prendre connaissance d’un élément l’un après l’autre, reconnaître ». L’arm. //čanač‘em// « connaître » (< *//canač‘em//) repose sur un présent *//ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó//- surcaractérisé au moyen du suffixe *//-ye/o-//,comme c’est souvent le cas dans cette langue. Le lit. //pa-žįstu// « reconnaître » (< *//ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó-//) présente une dissimilation des deux dorsales palatales. Il y a trace d’un i.-ir. *//źnaH-sća-// (<*//źaH-sća-//) refait sur degré plein d’après l’aor. rad. i.-ir. *//źnáH-t// (< *//ǵneh<sub>3</sub>-t//) dans le vieux-perse //xšnāsa//-(< iran. com. *//znāsa//-) valant lat. //nōscō// « prendre conscience, s’aviser que ».
  
-6.2. Etymologie et origine+L’arménien //caneaw// « il a connu » ne saurait reposer sur l’improblable **//ǵ°nḗ-s-a-to// posé par JA. Harđarson (1993, 76, n. 66). Il faut plutôt partir des formes de pluriel *//ǵṇh<sub>3</sub>-mé(s)// [1 pl.] et *//ǵṇh<sub>3</sub>-té(s)// [pl.] qui donnent proto-arm. *//cana(m)k‘// et *//canayk‘// refaits en //caneak‘// et //caneayk‘//. Le singulier //caneay// remplace peut-être un ancien *//cnu// (< *//ǵnéh<sub>3</sub>-s-o-m//). 
  
 +Le lat. //cognĭtus// [kŏŋnĭtŭs] « connu » doit s’expliquer comme l’antonyme d’un *ignĭtus [ĭŋnĭtŭs] « inconnu, méconnaissable »((B. VINE (1998, 38).)) qui reflète régulièrement un étymon it. com. *//ṇ-gnĕto//-(< *//ṇ-ǵn(h<sub>3</sub>)-eto//-). On sait que l’allomorphe *-//etó//- du morphème *-//tó//- n’apparaissait qu’en composition, surtout dans les composés privatifs : c’est le type d’hom. ἄσχετος« invincible » cognat de l’av. réc. //azgata//- « invincible » (< *//ṇ-sǵ<sup>h</sup>-eto-//).
  
-Le système repose sur une distribution aspectuelle //a(d)gnōscō// « discerner peu-à-peu, reconnaître », //cognōuī// « savoir à fond, connaître » 
  
  
-((R. GARNIER (2010, 179).)) 
  
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-. Le lituanien oppose à //žinóti// « savoir » le préverbé pa-žístu« reconnaître » (< %%*%%ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó-) et « faire la connaissance de » (v.-sl. po-znati). Selon M. Keller (1992, 12-13), le système latin repose sur une bipartition entre un infectumingressif qui marque l’accès à la connaissance et un perfectumoù l’absence de valeur de prétérit est fondamentale, à l’instar de véd. véda« je sais ». Le lat. nōuī« je sais » (< pré-lat. %%*%%gnō-w-ay) est un prétérito-présent qui occupe fonctionnellement la case vide qui a perdu l’i.-e. %%*%%wóyd-h<sub>2</sub>e« je sais » (d’où gr. %%*%%Fοῖδα, véd. véda, got. wait, witan 
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-((Pour la répartition sémantique kunnan/ witan, consulter A. TELLIER (1962, 30-33).)) 
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-). Le domaine germanique possède également une formation archaïque de prétérito-présent bâtie sur la racine %%*%%ǵneh<sub>3</sub>-(got. kann« il sait », kunnan« savoir ») 
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-((Pour ces faits, consulter E. S 
-eebold 
-(1966 [1987] 273-283), qui pose une gémination liée à la laryngale finale, ce qui postulerait un thème I ancien %%*%%[ǵe-]ǵónh<sub>3</sub>-e> kann.)) 
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-Il est plus que probable 
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-((R. GARNIER (2010, 185).)) 
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-que le latin a nivelé le vocalisme hérité de l’//infectum// %%*%%//(g)nāscō// (< %%*%%ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó-« prendre connaissance ») et de l’adjectif en %%*%%-tó- archaïque %%*%%(g)nātus « connu » (< %%*%%ǵṇh<sub>3</sub>-tó-) sur celui du perfectumfondamental %%*%%(g)nō-u-it. Le produit régulier de la sonante longue est bien reflété dans l’adj. ignārus(< %%*%%ṇ-ǵṇh<sub>3</sub>-r-o-).Il est à noter que le dénominatif %%*%%ignārāre« être ignorant », antonyme de nōuisse« savoir » devient ignōrāre, en regard du simple narrāre« raconter, faire connaître » (< %%*%%gnārāre) qui tient lieu de causatif. Le lat. a(d)-gnōuit« il a reconnu » reflète un aoriste radical it. com. %%*%%gnōd//  
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-(< %%*%%ǵnéh<sub>3</sub>-t) 
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-qui se superpose au gr. ἔγνω (< %%*%%é- 
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-ǵneh<sub>3</sub>-t 
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-ainsi qu’au v.-sl. °zna[3 sg.] « il a reconnu ». La racine aoristique %%*%%ǵneh<sub>3</sub>-signifiait « remarquer, s’aviser » et l’itératif sur degré zéro %%*%%ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó- devait signifier « observer peu à peu, prendre connaissance d’un élément l’un après l’autre, reconnaître ». L’arm. čanač‘em« connaître » (< %%*%%canač‘em) repose sur un présent %%*%%ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó-surcaractérisé au moyen du suffixe %%*%%-ye/o-,comme c’est souvent le cas dans cette langue. Le lit. pa-žįstu« reconnaître » (< %%*%%ǵṇh<sub>3</sub>-sḱ-é/ó-) présente une dissimilation des deux dorsales palatales. Il y a trace d’un i.-ir. %%*%%źnaH-sća-(<%%*%%źaH-sća-) refait sur degré plein d’après l’aor. rad. i.-ir. %%*%%źnáH-t (< %%*%%ǵneh<sub>3</sub>-t) dans le vieux-perse xšnāsa-(< iran. com. %%*%%znāsa-) valant lat. nōscō« prendre conscience, s’aviser que ». 
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-L’arménien //caneaw// « il a connu » ne saurait reposer sur l’improblable %%*%%%%*%%ǵ°nḗ-s-a-to posé par J. A. Har 
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-arson (1993, 76, n. 66). Il faut plutôt partir des formes de pluriel %%*%%ǵṇh<sub>3</sub>-mé(s)[1 pl.]et%%*%%ǵṇh<sub>3</sub>-té(s)[2 pl.]qui donnent proto-arm. %%*%%cana(m)k‘et %%*%%canayk‘refaits en caneak‘et caneayk‘. Le singulier caneayremplace peut-être un ancien %%*%%cnu(< %%*%%ǵnéh<sub>3</sub>-s-o-m).  
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-Le lat. //cognĭtus// [kŏŋnĭtŭs] « connu » doit s’expliquer comme l’antonyme d’un %%*%%ignĭtus[ĭŋnĭtŭs] « inconnu, méconnaissable » 
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-((B. VINE (1998, 38).)) 
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-qui reflète régulièrement un étymon it. com. %%*%%ṇ-gnĕto-(< %%*%%ṇ-ǵn(h<sub>3</sub>)-eto-). On sait que l’allomorphe %%*%%-etó-du morphème %%*%%-tó-n’apparaissait qu’en composition, surtout dans les composés privatifs : c’est le type d’hom. ἄσχετος« invincible » cognat de l’av. réc. azgata- « invincible » (< %%*%%ṇ-sǵ<sup>h</sup>-eto-). 
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-Vérifier auprès de M. Moussy. 
  
  
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