calu̯ārĭă, -ae (f.)

(substantif)



4.1. Résumé

A. « Crâne »

  • Gell, Hist. Ann. Frg. 26, 155, 20 :
    caluariaeque eius ipsum ossum expurgarunt inauraueruntque.
    « ils ont retranché l’os même de son crâne et l’ont recouvert d’une couche d’or. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Celse 8, 4, 30 :
    Duo uero sub ictu caluariae pericula sunt, ne uel findatur, uel medium desidat.
    « Sous l’effet d’un coup, il y a deux dangers à craindre pour un crâne, qu’il ne se fende ou qu’il ne s’enfonce. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Pline l’Ancien, HN 28, 7 :
    Artemon caluaria interfecti neque cremati propinauit aquam e fonte noctu comitialibus morbis.
    « Artémon faisait boire aux épileptiques de l’eau puisée la nuit à une fontaine, dans le crâne d’un homme tué et non incinéré.» (traduction A. Ernout, 1962, CUF)
  • Hier. Ep. 147, 8 :
    […] raros in rubenti caluaria digeris capillos […]
    « […] tes cheveux qui se font rares, tu les aménages sur un crâne rosé […] » (traduction J.-F. Thomas)

B. Calu̯ārĭa désignant le Golgotha

  • Hier. Comm in euang. Matth. 4, 1666 :
    […] et uenerunt in locum qui dicitur Golgotha quod est caluariae locus.
    « […] et ils sont venus au lieu appelé Golgota, qui est le lieu du calvaire. » (traduction J.-F. Thomas)

Le calque sémantique est évident. Quant aux raisons de la désignation de ce lieu par le nom du crâne, elles ont été recherchées dans plusieurs voies, sur la base d’idées associées. Le Golgotha de la Passion est le lieu habituel où les condamnés avaient la tête coupée :

  • Hier. Comm in euang. Matth. 4, 1672 :
    Extra urbem enim et foras portam loca sunt in quibus truncatur capita damnatorum et caluariae, id est decollatorum, sumpsere nomen.
    « À l’extérieur de la ville en effet et au-delà de la porte, il y a un endroit où sont tranchées les têtes des condamnés et il a pris le nom de calvaire, c’est-à-dire lieu des décapités. » (traduction J.-F. Thomas)1).

La tête coupée devient alors l’image du péché en un lieu où la présence du Christ annonce la grâce :

  • Hier. Comm in euang. Matth. 4, 1682 :
    […] apparet […] caluariam […] locum significare decollatorum, ut ubi abundauit peccatum superabundet gratia.
    « […] il apparaît que le calvaire désigne le lieu des décapités, car, s’il a été riche de péchés, il sera plus riche encore de grâce. » (traduction J.-F. Thomas)


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1) C’est là une tradition répandue, mais elle est en contradiction avec la loi juive, qui interdisait que les cadavres demeurent exposés (Flavius Joseph, Guerre des Juifs 4, 5, 2).