bilinguis, -e

(adjectif)


3. Distribution dans les textes au cours de la latinité

3.0. Généralités

Le mot n’est pas attesté dans les inscriptions : il ne connaît que des attestations littéraires.

3.0.1. Première occurrence dans les textes ou inscriptions

Bilinguis apparaît chez les auteurs les plus anciens tels que Ennius, Plaute ou Lucilius.

L’attestation la plus ancienne est attribuée à Ennius par Festus:

  • Enn. Ann. 649 V. = P.-Fest. 31 L. : Bruttace bilingui Ennius dixit, quod Bruttii et Osce et Graece loqui soliti sint.
    « Ennius a parlé d’un Bruttax bilingue, parce que les Bruttiens sont capables de parler et l’osque et le grec. »

Le même syntagme nominal est attribué à Lucilius par Porphyrion :

  • Porph. ad Hor. I 10, 30 : Ideo ergo et Ennius et Lucilius Bruttate bilingui dixerunt.
    « Pour cette raison et Ennius et Lucilius ont fait allusion à un Bruttax bilingue. »

3.0.2. Répartition et distribution des occurrences dans les textes au cours de la latinité

Le mot est assez rare. Au total on ne dispose que d’une vingtaine d’attestations dans toute la latinité (source TLL s.v. bilinguis, vol II p. 1986), mais elles sont bien distribuées à partir des auteurs les plus anciens jusqu’à la latinité tardive.

3.0.3. Fréquence comparée des formes flexionnelles

Presque la totalité des occurrences de bilinguis se trouvent au nominatif singulier, deux fois respectivement au nominatif pluriel et à l’ablatif singulier, une fois à l’accusatif singulier et à l’accusatif pluriel. On ne dispose pas d’attestations d’autres cas de la flexion.

3.1. Distribution diachronique (périodes d’attestation)

Le terme est attesté dans toute la latinité, mais avec un petit nombre d’occurrences

Période Nombre d’occurrences
IIIe-IIes. av. J.-C. 6
Iers. av. J.-C. 2
Iers. ap. J.-C. 6
IIes. ap. J.-C. 0
IIIes. ap. J.-C. 4
IVes. ap. J.-C. 5
Ves. ap. J.-C. 0

3.2. Distribution diastratique (diaphasique)

Bilinguis est beaucoup plus fréquent en poésie qu’en prose. Si sa première attestation en prose remonte à Quinte-Curce, il n’est plus nettement diffusé dans les textes en prose qu’à partir de l’époque chrétienne et tardive. On peut toutefois déceler un reflet indirect de son emploi au sens de « qui parle deux langues » chez Apulée, qui emploie trilinguis dans le sens de « celui qui parle trois langues » ; cet emploi suppose un parallélisme avec bilinguis au sens linguistique.

Les emplois chez les auteurs les plus anciens (Ennius, Lucilius et surtout Plaute) montrent que l’adjectif devait appartenir au vocabulaire commun et être bien compréhensible du public romain.

L’adjectif n’appartient à aucun vocabulaire spécialisé ou technique ni à aucun idiolecte.

3.3. Distribution diatopique (dialectale, régionale)

3.4. Distribution par auteur, par œuvre

A l’époque archaïque, l’adjectif est attesté une fois chez Ennius, trois fois chez Plaute et une fois chez Lucilius.

Par la suite, il est attesté une fois chez chacun des auteurs suivants : Varron, Virgile,

Horace, Manilius, Phaedrus, Quinte-Curce, Silius Italicus, Tertullien, Arnobe, Lactance, Ps-Cyprien, Jérôme, Ambroise, Firmicus Maternus, Ausone.

En outre, il faut compter 6 attestations dans la Vulgate et une mention parmi les gloses de Festus. On le trouve 9 fois comme lemme dans les corpus de gloses latines (et CGL et GL)

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