auscultāre

(verbe)



1. Graphie, phonétique, phonologie

1.1. Graphie et variantes graphiques

<auscultare>

Variantes :

- asculta (Caper GLK VII 108, 6), graphie dénotant la prononciation tardive du mot en latin parlé ;

- abscultare, obscultare, opscultare 1): graphies hypercorrectes issues de la réinterprétation de [as]- et de [os]- (cf. § 1.2.) comme la prononciation respective des préverbes ab- et ob- (sous la forme abs- ou obs-, avec développement d’une sifflante) ; la graphie ops- dénote la prononciation de la séquence obs-, le [b] s’assourdissant en [p] devant la sifflante sourde.

1.2. Phonétique et phonologie

Phonologie :

/aws.'kul.to:/ ; /aws.kul.'ta:.re/.

Prononciation :

- à l’époque classique [aws.'kul.to:] ; [aws.kul.'ta:.re] ;

- mais dans certains domaines romans, il convient de poser des prononciations qui diffèrent de la prononciation « standard » par la réalisation de la diphtongue ancienne et/ou par la réalisation du groupe -ult-, par exemple [as.'kou.to:], [as.kou.'ta:.re]2) ou [ɔ:s.'kou.to:],[ɔ:s.kou.'ta:.re].

La diphtongue [aw] fut la plus résistante parmi les diphtongues latines3).
Elle tend à se réduire par monophtongaison (cf. obscultare, prononcé [ɔ:s.kou.'ta:.re]) ou par dissimilation devant l’élément vélaire de la seconde syllabe (cf. ascultare, prononcé [as.kou.'ta:.re]), la séquence au - u - aboutissant alors à la séquence a - u -, d’où partent les résultats romans.



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1) TLL s. u ., 1534, 39 sq. opscultare CIL IV, 2360. La graphie abs- apparait dans l’ “Histoire” de Grégoire de Tours (abscultare Franc. 3, 6, CPL. 1023, p. 102, l. 13; absculta 6, 40, p. 312, l. 12 ; abscultarentur 7, 8, p. 331, l. 3; abscultantes 4, 46, p. 182, l. 5) et dans le traité “De perpetua uirginitate sanctae Mariae”, écrit par Ildefonse de Toledo (absculta CPL. 1247, p. 213, l. 1034; p. 158, l. 99). Il y en a d’autres témoignages, pas toujours sûrs, à basse époque.
2) Avec des antécédents dans les inscriptions LEUMANN, (1977 § 83-84), SOMMER (1977, 80).