ărrŏgāntĭa, -ae f. (adr-)

(substantif)



7. Descendance du lexème

7.1. Les descendants du lexème dans les langues romanes par la voie phonétique

En italien, selon le [LEI, s.u.], les formes avec aphérèse sont à considérer comme descendants par la voie phonétique, de la même façon que les formes avec aphérèse de l’adjectif arrŏgans. En italien ancien, le descendant par la voie phonétique roganzia « présomption, hauteur » est attesté avant 1360 dans les Rimes de Antonio da Ferrara. À partir de la même époque les descendants par la voie phonétique se trouvent aussi dans plusieurs dialectes italiens : dans le dialecte de Rome ruganze, en lombard ruganza, en émilien roganza, en vénitien ronganza, en toscan roganza, dans le dialectes des Abruzzes [ru’ɣanʣə]. Toutes ces formes ont plus ou moins la même valeur sémantique « hauteur, présomption ».

Le nom a aussi comme dérivés dans deux dialectes tessinois occidentaux les adjectifs [rogɛn’ʦo:ŋ] et [rogan’ʦo:s] « présomptueux, insolent ».

7.2. Les emprunts faits au latin par les langues anciennes et modernes

Selon le [LEI, s.u.], la plupart des langues romanes ont fait des emprunts à lat. arrogăntia : it. arroganza, fr. arrogance, oc. anc. arrogansa, cat. anc. et esp. arrogancia, port. arrogância. Ces formes ont gardé la valeur de « présomption, hauteur » du mot latin.

7.2.1. Italien

En italien, le [TLIO] et le [LEI, s.u.] citent plusieurs variantes anciennes, qui sont à imputer à des différenciations régionales : par exemple, arogança, arogantia, aroganza, aroganzia, aroghanza offrent la dégémination typiquement septentrionale de la consonne ; les graphies arrogança, arrogancia, arrogançia, arrogantia sont, à leur tour, différentes façons d’écrire le son [ʦ] ; les variantes errogança, errogancia, errogantia, irrogança se trouvent toutes dans les poèmes de Niccolò de’ Rossi, un poète qui vécut au début du XIVe s. à Trévise. De ces formes il faut séparer le mot roganza, qui est un descendant par la voie phonétique (voir ci-dessus). Selon le [DEI, s.u.], it. arroganza est attesté pour la première fois au XIIIe s., plus précisément avant 1276 dans l’œuvre du poète Guido Guinizzelli selon le [DELI, s.u.], en 1274 dans l’œuvre Fiori e vita di filosafi e d’altri savi e imperadori selon le [LEI, s.u.].

7.2.2. Français

Le français arrogance est probablement un emprunt au latin de date plus ancienne que le mot italien : selon le [FEW, s.u.], fr. arrogance est attesté déjà au XIIe s. et le [DHLF, s.u.] donne 1170 comme date de première attestation.

Le verbe lat. arrŏgāre fut emprunté par le français dans le verbe pronominal fr. s’arroger (attesté depuis le milieu du XVe s., selon Le Robert s.u. arroger (s’)).


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