arma, -ōrum (n. pl.)

(substantif)



4.1 Description des emplois et de leur évolution : résumé et exemples

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Arma présente un double problème de polysémie et de synonymie. Sa signification ne se résume pas à celle de fr. armes. Il a des emplois hors du domaine militaire, tandis que dans ce champ lexical, il entre en relation avec exercitus.

A. Deux emplois proches et distincts

A.1. « Armes »

  • Liv. 1, 43, 2 : arma his imperata galea, clipeum, ocreae, lorica, omnia ex aere, haec ut tegumenta corporis essent ; tela in hostem hastaque et gladius.
    « Leurs armes réglementaires étaient le casque, le bouclier rond, les jambières et la cuirasse, le tout en bronze, pour protéger le corps ; leurs armes offensives envers l’ennemi, la lance et l’épée. » (traduction G. Baillet, 1940, CUF, modifiée)
  • Caes. B.G. 7, 18, 4 : Qua re nuntiata Caesar celeriter sarcinas conferri, arma expediri iussit.
    « Quand César l’apprit, il fit promptement rassembler les sacs et prendre la tenue de combat. » (traduction L.-A. Constans, 1926, CUF)
  • Liv. 4, 13, 9 : Tela in domum Maeli conferri [].
    « Il se fait un dépôt d’armes chez Maelius […] ; » (traduction G. Baillet, 1946, CUF)
  • Cic. de Or. 1, 172 : Antoni incredibilis quaedam et prope singularis et diuina uis ingeni uidetur, etiam si hac scientia iuris nudata sit, posse se facile ceteris armis prudentiae tueri atque defendere.
    « Chez Antoine, la supériorité incroyable et presque unique et divine de son talent, même si elle est dépourvue de la science du droit, semble pouvoir se protéger et se défendre aisément grâce aux armes de son habileté pratique. »
  • Quint. 2, 16, 10 : Quare, etiam si in utramque partem ualent arma facundiae, non est tamen aecum id haberi malum quo bene uti licet.
    « Aussi, même si les armes de l’éloquence sont à double tranchant, il n’est pas équitable de tenir pour un mal ce dont il est loisible de faire un bon usage. » (traduction J. Cousin).
  • Caes. B.G. 1, 49, 2 : Primam et secundam aciem in armis esse, tertiam castra munire iussit.
    « Les deux premières lignes reçurent l’ordre de rester sous les armes, tandis que la troisième fortifierait le camp. » (traduction L.-A. Constans, 1926, CUF)
  • Cic. Cat. 1, 15 : […] neminem, qui nesciat te [] stetisse in comitio cum telo.
    « […] nul ici n’ignore que tu […] te tenais avec une arme sur le forum. » (traduction E. Bailly, 1926, CUF)

A.2. « Equipement »

  • Virg. En. 1, 177-179 :
    Tum Cererem corruptam undis Cerealiaque arma
    expediunt fessi rerum, frugesque receptas
    et torrere parant flammis et frangere saxo.
    « Alors malgré leur fatigue ils préparent les dons de Cérès que l’eau a gâtés, les instruments de la déesse : ils se mettent à griller aux flammes, à broyer sur la pierre les grains qu’ils ont sauvés. » (traduction J. Perret, CUF)
  • Ov. Am. 1, 2, 16 (à propos d’un cheval) :
    Frena minus sentit, quisquis ad arma facit.
    « Il sent moins les rênes celui qui s’adapte aux harnais. »
  • Cic. Verr. II, 5, 50 : [] nauem []armatam atque ornatam mittere [].
    « [] envoyer […] un vaisseau armé et équipé []. » (traduction G. Rabaud, 1929, CUF)

B. « Armée »

  • Luc. 9, 150-151 :
    […] Quo uos pauor, inquit, adegit
    Impius et cunctis ignotus Caesaris armis?
    « Où vous pousse, dit-il, une panique impie et inconnue de toutes les armées de César ? » (traduction J.-F. Thomas)
  • Sil. 5, 30-33 :
    […] nec discretis leuia arma manipulis
    insertique globo pedites et inutile Marti
    lixarum uulgus praesago cuncta tumultu
    inplere […].
    « […] les vélites n’étaient pas en corps distincts et, insérés dans la cohue, fantassins et valets d’armes, horde inutile à Mars, remplissaient tout d’un tumulte de mauvais augure […] » (traduction J. Volpilhac, 191, CUF).
  • Liv. 3, 19, 9-10 (Cincinnatus rappelle le peuple romain à ses devoirs) : […] si quis ex his domum suam obsessam a familia armata nuntiaret, ferendum auxilium putaretis. Iuppiter optimus maximus exsulum atque seruorum saeptus armis nulla humana ope dignus erat ?
    « […] si l’un d’eux venait vous dire que sa maison était assiégée par des esclaves en armes, l’aide vous paraîtrait nécessaire ; et Jupiter, très bon, très grand, entouré d’une armée de bannis et d’esclaves, ne méritait-il pas le moindre secours des hommes ? » (traduction J.-F. Thomas)

C. « Guerre »

  • Cic. Brut. 308 : Triennium fuit urbs sine armis, sed oratorum aut interitu aut discessu aut fuga […] primas in causis agebat Hortensius.
    « Pendant trois ans, Rome fut sans guerre civile mais, du fait de la mort, de l’exil ou de la fuite des orateurs, […] Hortensius était l’avocat le plus en vue. »
  • Ov. F. 5, 663-666 (à propos de Mercure) :
    Clare nepos Atlantis, ades, quem montibus olim
    edidit Arcadiis Pleias una Ioui,
    pacis et armorum superis imisque deorum
    arbiter […].
    « Assiste-moi, illustre petit-fils d’Atlas, qu’une Pléiade mit jadis au monde pour Jupiter sur les monts d’Arcadie, toi l’arbitre de la paix et de la guerre pour les dieux du ciel et des enfers […]. » (traduction R. Schilling).
  • Cic. de Orat. 3, 167 : Ne illa quidem traductio atque immutatio in uerbo quandam fabricationem habet […] neque factum est uerbum […] neque tralatum […] sed ornandi causa proprium proprio commutatum. […] Grauis est modus in ornatu orationis et saepe sumendus ; ex quo genere haec sunt […] ‘Cererem’ pro frugibus […] ‘arma ac tela pro bello.
     « Même la transposition et le changement de sens portant sur un mot (la métonymie), n’implique pas ce que j’appellerai un travail de modification […], une création de mots […] ou un emploi métaphorique […]. Pour relever le style, on met un mot propre à la place d’un mot propre […]. Comme ornement du style, ce genre de figure fait beaucoup d’effet et l’on doit l’employer souvent. Dans ce groupe entrent les exemples suivants : […], ‘Cérès’ pour les moissons, ‘les armes défensives ’ et ‘les armes offensives’ pour ‘la guerre’. » (traduction E. Courbaud & H. Bornecque, 1930, CUF)
  • Cic. Leg. 3, 19 : Nam mihi quidem potestas pestifera uidetur, quippe quae in seditione et ad seditionem nata sit. Cuius primum ortum, si recordari uolumus, inter arma ciuium et occupatis et obsessis Vrbis locis procreatum uidemus.
    « Ce pouvoir me semble désastreux comme devait l’être un pouvoir né dans la sédition et pour la sédition et dont, si l’on pense à son origine première, nous voyons qu’elle s’est faite au milieu des affrontements entre citoyens avec l’occupation ou le blocage des quartiers de la Ville. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Sall. J. 36, 1 : Albinus […] statim ipse profectus uti ante comitia, quod tempus haud longe aberat, armis aut deditione aut quouis modo bellum conficeret.
    « Albinus lui-même partit aussitôt afin de pouvoir, avant les comices, dont la date approchait, terminer la guerre (à tout prix) soit par un affrontement, soit par la reddition, soit par un autre moyen, quel qu’il soit. »
  • Virg. En. VII, 440-444 :
    Sed te uicta situ uerique effeta senectus,
    o mater, curis nequiquam exercet et arma
    regum inter falsa uatem formidine ludit.
    Cura tibi diuom effigies et templa tueri ;
    bella uiri pacemque gerent, quis bella gerenda.
    « Mais toi, ô mère, une vieillesse vaincue par la décrépitude, hors d’état de discerner le réel, te tourmente de soucis inutiles ; au milieu des armes des rois, elle t’abuse, pauvre prêtresse, d’épouvantes sans fondements. Ta charge est de veiller sur les statues et les temples des dieux ; la guerre ou la paix, les hommes la feront qui ont métier de faire la guerre. » (traduction J. Perret, CUF)
  • Amm. 21, 5, 5 : […] id prae me ferens, quod exercitui, cuius aequitas armorumque inclaruit magnitudo, domi moderatus uisus sum et tranquillus et in crebritate bellorum contra conspiratas gentium copias consideratus et cautus. \\ « […] je me prévaux d’être apparu, à une armée illustrée par son équité et sa grandeur guerrière, comme un homme mesuré et tranquille en temps de paix, mais également circonspect et prudent face à des masses de peuples coalisés […]. » (traduction J. Fontaine).
  • Sil. 1, 1-2 :
    Ordior arma, quibus caelo se gloria tollit Aeneadum.
    « Je vais raconter les combats qui firent monter jusqu’aux cieux la renommée des fils d’Énée. » (traduction P. Miniconi et G. Devallet)

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