allēgŏrĭa, -ae f

(substantif)



3. Distribution dans les textes au cours de la latinité

3.0. Généralités

3.0.1. Première occurrence dans les textes ou inscriptions

Le mot est attesté pour la première fois chez Cicéron, dans une lettre à Atticus écrite en 69 av. J.-C., puis dans l’Orator, publié en 46 av. J.-C. Les deux fois, il conserve sa forme grecque (datif pluriel en –αις et accusatif singulier en –αν) et est écrit en caractères grecs dans les éditions consultées (CUF, Teubner) ; en outre, dans la deuxième occurrence, Cicéron introduit bien le mot comme un terme technique grec grâce à la formule, courante chez lui, Graeci appellant1) :

  • Cic. Att. II, 20, 3 :
    De re <publica> breuiter ad te scribam ; iam enim charta ipsa ne nos prodat pertimesco. Itaque posthac, si erunt mihi plura ad te scribenda, ἀλληγορίαις obscurabo.
    « Je ne veux te dire que quelques mots de la situation politique. Car à présent je redoute que le papier même ne nous trahisse. Aussi, désormais, si j’ai un certain nombre de choses à t’écrire, je les envelopperai des voiles de l’allégorie » (traduction L.-A. Constans, 1934, CUF)
  • Cic. Or. 94 :
    Iam cum fluxerunt continuae plures tralationes, alia plane fit oratio ; itaque genus hoc Graeci appellant ἀλληγορίαν : nomine recte, genere melius ille qui ista tralationes uocat.
    « Quand plusieurs métaphores se déroulent à la suite, cela donne une manière de parler tout autre ; c’est pourquoi les Grecs appellent ce genre ‘allégorie’. Le nom est correct, mais quant au genre, il vaut mieux suivre Aristote, qui appelle toutes ces figures des métaphores. » (traduction A. Yon, 1964, CUF)

3.0.2. Répartition et distribution des occurrences dans les textes au cours de la latinité

Le mot est de fréquence moyenne sur l’ensemble de la latinité, mais de faible fréquence si l’on ne tient compte que de l’époque classique. Ses occurrences sont alors concentrées chez Quintilien. Le mot devient plus fréquent chez les Pères de l’Église, où il acquiert un sens particulier dans le domaine de l’interprétation des textes sacrés.

3.0.3. Fréquence comparée des formes flexionnelles

3.1. Distribution diachronique (périodes d’attestation)

Période Nombre d’occurrences
IIIe - IIe s. av. J.-C. 0
Iers. av. J.-C. 2
Iers. ap. J.-C. 16
IIes. ap. J.-C. 2
IIIes. ap. J.-C. 43
IVes. ap. J.-C. 88
Ves. ap. J.-C. 112
Total 263

3.2. Distribution diastratique (diaphasique)

3.3. Distribution diatopique (dialectale, régionale)

3.4. Distribution par auteur

Ier s. av. J.-C.
Cicéron : 2 occurrences (en alphabet grec)

Ier s. ap. J.-C.
Quintilien : 16 (3 occurrences en alphabet grec ; pour le reste, en alphabet latin avec parfois des désinences grecques)

IIe s. ap. J.-C.
2 occurrences

IIIe s. ap. J.-C.
Pomponius Porphyro, Commentum in Horatium : 31
Marius Plotius Sacerdos : 3
Tertullien : 9

IVe s. ap. J.-C.
Ambrosiaster : 2
Ambroise : 11
Arnobe : 6
Augustin : 22
Charisius : 6
Didyme traduit par Jérôme : 1
Diomède : 5
Donat : 7
Faustinus Luciferianus : 1
Filastre Brixiensis : 1
Gregorius Illiberitanus : 4
Jérôme : 15
Irénée de Lyon : 1
Marius Victorinus : 4
Origène traduit par Rufin : 1
Tyconius : 1

Ve s. ap. J.-C.
Augustin : 45
Clemens Romanus selon la traduction de Rufin : 6
Jérôme : 10
Iohannes Cassianus : 5
Martianus Capella : 76
Origène traduit par Rufin : 28

Les occurrences les plus nombreuses du terme allēgoria se trouvent chez les auteurs chrétiens et, plus précisément, dans le vocabulaire spécifiquement chrétien. Ses contextes d’apparition concernent généralement les textes bibliques.

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1) A propos de ce type de formule, voir les travaux de C. NICOLAS (2005 et 2009).