ălĭca, -ae (f.)

(substantif)



2. Morphologie

2.1. Indications grammaticales

Le terme ălĭcă, alicae F. est un substantif féminin de la première déclinaison (en –ā / -ă). Il n’est employé qu’au singulier. Ce trait distinctif se justifie pleinement par le sémantisme de ce lexème : c’est un nom massif, dénotant une quantité conçue globalement (une sorte de semoule ou de farine).

2.2. Variantes morphologiques

Selon le grammairien Charisius, on trouve les deux formes neutres alicum, -i (2e déclinaison) Nt. et alice, -is (3e déclinaison) Nt. :

  • Char. GLK i 32, 8 : neutralia semper singularia, alicum et alice.
    « Les formes neutres toujours au singulier, alicum et alice. »

Mais ces formes ne semblent pas être attestées ailleurs dans les textes latins.

2.3. Formation du lexème

Pour les Latins, le substantif ălĭca est associé au verbe ălō, ălĕrĕ « nourrir », comme l’écrit Festus :

  • P.F. 7, 10 L. : Alica dicitur quod alit corpus.
    « La semoule (alica) est ainsi appelée parce qu’elle nourrit (alit) le corps. »

Cette interprétation étymologique montre que l’alica était conçue comme un aliment important pour l’homme et peut-être même comme l’aliment par excellence.

Selon Athénée (647d), un cuisinier du +Ier siècle ap. J.-C. emploie une entité appelée ἄλιξ au sens de angl. « groats of rice-wheat ». Certains pensent que ce mot grec est un emprunt au latin ; d’autres, à l’inverse, que le mot latin est emprunté au grec (Isid. Or. 17,3,9 : alica Graecum nomen est ; suivi par P. Flobert, Le grand Gaffiot).

On rattache alica à la racine i.-e. de gr. ἀλέω « moudre », ἄλευρoν « farine », i.‑e. *H2leH1- all. « zermahlen » (LIV 247). Mais ἀλέω pourrait représenter *m̻le‑ (voir DELG), de *melH2- « moudre » (LIV 388), la racine i.-e. de lat. mŏlĕre. Dans ce cas, alica n’aurait pas d’explication à l’intérieur du latin, sauf à reprendre l’étymologie des Latins eux-mêmes (selon A. Christol : cf. infra §5.1 et §6.2).



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